7 Poètes


de Papouasie Nouvelle Guinée






New Guinea


New Guinea, beloved New Guinea

What do they say about you?

The rugged

the impossible

the brokenbottle

the hostile

the Saturday made

the waste land

the hot island

the tomb of death

the forgotten isle

the land of thousand tribes and trials

primeval forests of termites, leeches and cicadas

hidden valleys and mountain crags of old

deep gorges and rugged ranges

fast rivers flowing to endless swamps

land of killers and cannibals and sacred corpses

of mountain raiders and mangrove snipers

land of fevers and dreaded diseases

molten lava and sulphurous ashes

of coral beaches with lashing fishes.


New Guinea!

Land of proud warriors of courage

land of ancestral spirits

entangled in myths and incarnations

land of haus tambaran, dukduk and eravo

land of kovave mask and gope boards

land of hiri, kula ring and fire dance

land of a thousand faces and facets

I hardly know you!

New Guinea, whispering with love

murmuring, dove-like and gentle.

Land of swaying palms




rockmosses and water lilies

beautiful like a bride


Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Guinée chérie

que dit-on de toi?

la rude


la brokenbottle


la Saturday made

la terre poubelle

l'île chaude

la tombe de la mort

l'île oubliée

la terre de mille tribus et pistes

les forêts primitives des termites, leeches et cigales

les vallées cachées et les montagnes escarpées de

vieilles gorges profondes et de terrains accidentés

de rivières tumultueuses coulant jusqu'à des terres

humides de tueurs et de cannibales et les corps sacrés

de pillards montagnards et de tireurs embusqués de mangrove

terre de fièvres et de maladies redoutables

de laves en fusions et de cendres sulfureuses

de plages coralliennes regorgeant de poissons.



Terre de valeureux guerriers

terre des esprits ancestraux

emmêlée dans les mythes et les incarnations

terre de haus tambaran, dukduk eteravo

terre du masque de kovave et des tablettes de gope

terre de hiri, de l'anneau de kula et de la danse du feu

terre aux mille visage et milles facettes

je te connais à peine!

Nouvelle-Guinée, chuchotant dans un murmure

d'amour, roucoule avec douceur.

Terre des palmiers ondulants




roches moussues et nénuphars

belle comme une fiancée
with a veil of bird of paradise plumes.


New Guinea!

My fathers sang to the kundu drum

my fathers danced to the garamut

on the banks of your mighty rivers

the Fly

the Sepik

the Purari

then as now they watched the sun retreat

to the gentle sound of jew's harps

and tilatilo flutes

mumbling magic formulas

as the last glitter faded on the hills.


Awake, awake, awake,

wake up New Guinea!


The sky is falling!

Flying creatures inhabit the earth

a mighty bushfire rages.

Hofoza, Jate, Iko, Gamu and Kaia!

God of thunder

god of lighting

spirits of the air

do not destroy me!

Let me not die in this whirlpool of blood

save me before dawn!


Be quiet New Guinea

ancient cocoon

be still!

Don't you know that I am your husband

betrothed to you in childhood

promised to you in the womb?

I have come to celebrate our wedding

I have come to elope with you

into better times.


Apisai Enos


portant un voile de plumes d'oiseaux de paradis.



mes ancêtres chantèrent pour le tambour kudu

mes ancêtres dansèrent pour le garamut

sur les berges de tes fleuves puissants

le Fly

le Sepik

le Purari

comme aujourd'hui ils regardèrent le soleil se retirer

au doux son des guimbardes

et des flûtes tilatilo

marmonnant des formules magiques

lorsque le dernier reflet s'estompait sur les montagnes.


Debout, debout, debout,

réveille-toi Nouvelle-Guinée!


Le ciel s'effondre!

des créatures volantes occupent la terre

un puissant feu de brousse fait rage.

Hofoza, Jate, Iko, Gamu et Kaia!

Dieu du tonnerre

dieu de l'éclair

esprits de l'air

ne me détruit pas!

Ne me laisse pas mourir dans ce tourbillon de sang

sauve moi avant l'aube!


Sois tranquille Nouvelle-Guinée

antique cocon

garde ton calme!

Ne sais-tu pas que je suis ton mari

fiancé à toi dès l'enfance

promis à toi dès la matrice?

Je suis venu pour célébrer nos noces

je suis venu pour t'enlever et te conduire

vers des temps meilleurs.


Apisai Enos






A simple colony


You and your comrades go about all day

Carrying dist from flowers

While I elude my next chores

You a tiny creature know

What to do from dawn to dusk

Tell me little friend!

Have I become too civilized,

To fit in a simple colony?


Nora Vagi Brash







Une simple colonie


Toi et tes camarades vous circulez toute la journée

Transportant le pollen des fleurs

Pendant que je me dérobe à mes prochaines corvées

toi, minuscule créature, tu sais

quoi faire de l'aube au crépuscule

apprends-moi petit ami!

suis-je devenue trop civilisée,

pour m'adapter à une simple colonie?


Nora Vagi Brash





The day I was born


the day I was born

it was drizzling

clouds were hanging low

dark clouds, that is

it was chilly outside

and my hair stood up

like pimples all over.


I cried and cooed

not because I was a new comer

not because I was hungry

I was not cold either

I don't know why I cried

but what's what I did

so does mama tell me.


nobody knew what to do

mama washed me

though I didn't need one

she wrapped me up

which didn't stop my cooing

she put me in a bilum

and sang me a lullabye.


mama still doesn't know

why I cried that day

the day I as born.


Joyce Kumbeli



Le jour de ma naissance


Le jour de ma naissance

il bruinait

les nuages étaient bas

des nuages noirs, aussi

faisait-il frais dehors

et mes cheveux se dressaient

comme des bourgeons.


Je pleurait et gazouillait

non parce que j'étais nouvelle venue

non parce que j'avais faim

je n'avais pas froid non plus

je ne sais pas pourquoi je pleurais

mais c'est ce que je faisais

c'est ce que m'a rapportée maman


Personne ne savait que faire

maman me baigna

bien que ce ne soit pas nécessaire

elle me langea

ce qui ne me fit pas cesser de gazouiller

elle me mit dans un bilum

et me chanta une berceuse


maman ne sait toujours pas

pourquoi je pleurais ce jour-là,

le jour de ma naissance.


Joyce Kumbeli




Our throats are dry and tasteless

our hands weak and feeble

our bodies are boneless


Wake up sleepers'

They use us like play grounds

enjoy us like nightclubs

handle us like machines

they step on us like dirt

regard us like flowers of the devil


The master is like a mountain :

the higher it gets, the colder

But master, we are the rocks beneath

on which you stand, Without us

You are no longer a mountain

How long shall we carry your weight?


It is hot in your cell

we want to be free

if you don't give way

we'll force our way through you

like a volcano.


Lynda Thomas





Nos gorges sont sèches et pâteuses

nos mains lasses et faibles

nos corps sans os


réveillez-vous dormeurs

ils se servent de nous comme terrain de jeux

nous apprécient comme des night-clubs

nous utilisent comme des machines

marchent sur nous comme sur de la poussière

nous considèrent comme des fleurs du mal


Le maître est comme une montagne:

plus elle est haute, plus elle est froide

mais maître, nous sommes les rocs sur lesquels

tu t'appuies, sans nous

tu n'es plus une montagne

combien de temps supporterons-nous ton poids?


ça chauffe dans ton cachot

nous voulons être libre

si tu ne nous laisses pas de place

nous forcerons notre passage à travers toi

comme un volcan.


Lynda Thomas




I was there


I saw nine pins gunned down by a king pin

I was there

one after anothetr they fell like lead

and lay dead

I saw


Swept off the street like leaves

they were bundled into bags

sealed and tightened

I was there


thrown in the back of a jeep

undercover at night no one knew

I saw


Them nine pins were taken to the big pit

and released into the merciful depths of dark waters

only to defy the king pin

they rose

bloated, floated on the waters

and washed by the tide to shore

I was there I saw and buried them.


Loujaya M. Kouza




J'ai vu un jeu de quilles abattu par la quille maîtresse

j'y étais

l'une après l'autre elles s'effondrèrent

et tombèrent mortes

j'ai vu


balayées dans la rue comme des feuilles

elles furent emballées dans des sacs

scellés et fermés

j'y étais


Jetés à l'arrière d'une Jeep

dans le secret de la nuit

j'ai vu


Ces quilles furent emmenées vers un grand trou

et déchargées dans les profondeurs miséricordieuses des eaux noires

(seulement) pour défier la quille maîtresse

elles jaillirent

bouffies, flottant sur les eaux

et délavées par la marée jusqu'à la plage

j'y étais, j'ai vu et je les ai enterrées.


Loujaya M. Kouza


Hohola in the night


Bright western skies die.

You have waited the anxious hours

of a woman in her first pregnancy.

The hour like a wounded soldier,

struggling to your dismay.

Now ; moments to display your beauty arrive.


You smile like a titled warrior,

Pride your mask.

You transfigure into Helen,

to capture my admiration.

You have cast a spell over me.


I admire you.

Man created heaven,

symbolic of progress.


Yet ;

you ;

            a camouflage :

            a deceiver :

            a pregnant woman with a deformed child.

You wisper the devilish whisper of a harlot,

of her virginity to an innocent teenage

male virgin in bed.


Oho! Hypocrite

I admire you.


Hohola infested with hook worms,

Sick and diseased.

I smell the dead corpse

in the still air.

You breathe out umbearable smell.


Though spendid your beauty

I hear a siren of a police van far to my left

scream of a raped female to my right

before me in under dim lights


Les cieux éclatant de l'occident meurent.

Vous avez attendu les heures angoissées

d'une femme dans son premier accouchement.

L'heure comme un soldat blessé,

luttant pour votre consternation.

Or ; il est temps de vous manifester votre beauté arrive.


Vous souriez comme un noble guerrier,

fier de son masque.

Vous vous transfigurez en Hélène,

pour capter mon admiration.

Vous avez jeté votre dévolu sur moi.


Je vous admire.

Homme fait de cieux,

symbole du progrès.






            femme enceinte d'un enfant mal formé.

Vous chuchotez le murmure diabolique d'une prostituée,

de sa virginité à un adolescent innocent

vierge dans son lit.


Oho! Hypocrite

je vous admire.


Hohola infesté de vers crochus,

souffrant et malade.

Je sens le cadavre

dans l'air paisible.

Vous dégagez une odeur insupportable.


Quelle que soit votre beauté

j'entends la sirène d'un car de police loin sur ma gauche

le cri d'une femme enlevée à ma droite

avant moi sous les lumières blafardes
A woman selling her body to a queue

And five juvenile delinquents

Follow me.


Hohola you send a wave of fear

Like the fear of death descending on my ages father

Or the fear to get VD from my high school girl

While making love.


Hohola I wish you were a second



P. Kama Kerpi







Une femme vendant son corps à une file

et cinq jeunes délinquants

me suivent.


Hohola tu envoie une vague de peur

comme la peur de la mort descendant sur mon vieux père

ou la peur d'attraper une maladie vénérienne de ma copine d'université

quand je lui fais l'amour.


Hohola je voudrais tant que tu sois une seconde



P. Kama Kerpi






Night of the spirit-bird


The clock on the wall has struck twelve.

Just a fraction of a second to be added.

The shrill cry pierced the darkness.

Cries of "Pis off" with a sting

could be heard next door

with a quick sign of the cross

as an extra ingredient.


Doors slammed in disgust,

shutters drawn hastily down.

For this was the distinctive call

of the so-called spirit-bird

out to claim an innocent soul.

A victim of the social problems

of today's frustrations.


Another shrill to disturb the peace

and sweat beads brought forth

meant the time was at hand.

Who then could be the victim?

For the spirit-bird's prowls

surely draws blood and sorrow.

Only time will tell,

for at dawn the secrets are revealed.


Dawn breaks.

Mother is wailing,

Grandma has chopped off her fingers.

Father is cursing the day he brought forth a life

for the spirit-bird was on the prowl last night

and laid up stiff in bed.

Lies a vistim

as a memo of spirit-bird's shrills.

Oh! Can't we just live our natural life in peace!


Ben Nakin



La pendule au mur a frappé douze coups.

Juste une fraction de seconde à ajouter.

Le cri aigu perça l'obscurité.

Des cris de "fous le camp" avec un dard

Peuvent être entendus derrière la porte

avec un rapide signe de croix

en supplément (en prime).


Des portes claquent avec dégoût,

des volets sont tirés à la hâte.

car c'était l'appel caractéristique

de celui qu'on appelle l'oiseau-esprit

sorti pour réclamer une âme innocente.

Une victime des problèmes sociaux

des frustrations actuelles.


Un autre cri perçant pour troubler la paix

et des perles de sueur naissent

signifie qu'il est l'heure.

Qui pourrait être la victime?

car les chasses de l'oiseau-esprit

apporte assurément sang et larmes.

Le temps seul le dira,

car à l'aube les secrets seront mis au jour.


L'aube point.

Maman gémit,

grand-mère s'est tranchée les doigts.

Papa maudissait le jour où il donna la vie

alors que l'oiseau-esprit chassait la nuit dernière

et qu'il était cloué au lit.

Ci-gît une victime

comme le souvenir du cri de l'oiseau-esprit.

Oh! Ne pourrions-nous vivre notre vie naturelle en paix!


Ben Nakin




Joyce Kumbeli a commencé à écrire tout en travaillant comme secrétaire au Literature Department de l'université de Papouasie Nouvelle-Guinée. Elle a écrit de la poésie et deux pièces de théâtre. Elle travaille toujours comme secrétaire à l'université. Elle est diplômée de cette même université.

Lynda Thomas écrivit lorsqu'elle était étudiante à l'université de Papouasie Nouvelle-Guinée. Elle est diplômé de cette université. Elle est maintenant dans la vie active.

Apisai Enos est un des premiers écrivains de Papouasie Nouvelle-Guinée. Il est diplômé de l'université de Papouasie Nouvelle-Guinée. Il vit à Rabaul.

Nora Vagi Brash est originaire du village de Kilakila près de Port Moresby. Elle est la plus réputée des femmes écrivant pour le théâtre dans le Pacifique sud. Elle a écrit de la poésie mais sa principale préoccupation est le théâtre. Elle est comédienne et elle enseigne à la Faculty of Creative Arts, à l'université de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Loujaya M. Kouza est poète, musicienne, comédienne, auteur et interprète. Elle est journaliste et a travaillé avec de nombreux médias dans le pays. Diplômé de l'université de Papouasie Nouvelle-Guinée et étudiant actuellement pour devenir institutrice au Goroka Teachers College (Papouasie Nouvelle-Guinée).

Kama Kerpi est diplômé de l'université de Papouasie Nouvelle-Guinée. Il écrivit de la poésie et pour le théâtre. Il est entré maintenant dans la vie active.

Ben Nakin est un poète. Il est diplômé de l'université de Papouasie Nouvelle-Guinée et enseigne actuellement au Madang Teachers College.