Iktomi l'araignée, l'idiot


 

 

 

Iktomi était assis sur une montagne et fumait sa pipe. Une buse volait bas au-dessus de lui et le frôlait de ses ailes. Iktomi est débrouillard et farceur mais parfois il est aussi idiot. Il se disait en lui-même, "Buse, fais-moi faire un tour!"

La grande buse finit par se poser à côté d'Iktomi et dit, "Monte sur mon dos, je vais te faire faire un tour.!"

Alors Iktomi monta sur le dos de la buse.

Pendant qu'elle volait, Iktomi remarqua le cou chauve de son transporteur ailé.

Il n'existe pas de juron en langue lakota, mais on utilise un signe de la main pour rabaisser quelqu'un. Ce servant de ce geste grossier, Iktomi ferma diaboliquement son poing et le pointa vers la tête de la buse. Mais il déplia rapidement ses doigts, faisant le mauvais signe à la buse. C'était comme s'il lui avait jeté un sort.

Iktomi crut que la buse ne l'avait pas vu, mais il se trompait. La buse regardait son ombre sur le sol et elle vit aussi celle d'Iktomi. Alors elle décida de se venger.

Elle piqua sur un arbre creux et se retourna brusquement pour remonter à la verticale! Iktomi glissa dans le tronc creux et y resta emprisonné plusieurs jours.

Arriva alors un gros orage qui emplit d'eau l'arbre creux. L'arbre gonflait et écrasait Iktomi. Il se mit à prier. Il dit: "Grand Esprit, je t'en prie, sauve-moi. Tu as fait de moi un être débrouillard et mes farces et mes idioties me créent des ennuis."

Il ajouta: "Pardonne-moi, je regrette ce que j'ai fait."

Après s'être repenti, il se sentit devenir si petit qu'en se tortillant comme un ver il réussit à sortir de l'arbre creux.

 

Iktomi; le chasseur de canards.

 

 

Une fois, Iktomi voyageait seul. Il marchait depuis plusieurs jours sans rien manger aussi avait-il très faim.

Alors qu'il marchait le long d'une rivière, il se demanda s'il ne pourrait pas trouver quelque chose à manger. Il vit des canards à une centaine de mètres et il pensa: " Voilà à manger, il faut que j'élabore un plan pour m'approcher."

Il y avait un bosquet à sa droite. Il fit un fagot avec une grande baguette au milieu et fixa le tout sur son dos.

Il se remit en route le long de la rivière en faisant semblant de ne pas voir les canards.

Bientôt les canards remarquèrent Iktomi et lui demandèrent où il allait comme ça. Mais Iktomi fit celui qui n'entendait pas et continua son chemin comme si de rien n'était.

Les canards lui redemandèrent où il allait.

Cette fois Iktomi répondit et leur dit qu'il avait été chercher quelques "baguettes à chanson" pour les offrir à qui en voudrait. Il montra le fagot de baguettes qu'il portait sur son dos et dit, "ce sont des baguettes à chansons".

Les canards dirent: "tu es notre ami et même si tu es pressé, viens par ici et prends une baguette pour nous chanter une chanson."

Iktomi répondit: "C'est vrai, je suis pressé, mais si vous voulez que je chante, alors je chanterai!"

Il prit une baguette dans son fagot et la planta dans la boue. Il descendit sur la rive et demanda aux canards de s'aligner, du plus gros au plus petit.

"Voilà ce que je vais chanter," dit-il aux canards. "Vous devrez danser. Quand vous danserez, je m'arrêterai de chanter."

Pendant que je chanterai," expliqua Iktomi, "et que vous danserez, vous devrez garder les yeux fermés." Si vous ouvrez les yeux avant la fin de la chanson, ils deviendront rouge pour le restant de votre vie." La chanson s'intitule: "Ista Okamoza Wacipi," ce qui signifie, "la danse les yeux fermés."

Dès que les canards se mirent à danser les yeux fermés, Iktomi passa derrière eux. Il commença par le plus gros et les tuait en les assommant avec la grosse baguette. Il les tuait l'un après l'autre, mais un petit canard plus avisé que les autres ouvrit un oeil et vit ce qu'Iktomi était en train de faire. Il alerta les canards restant et ils s'envolèrent.

Avec les canards qu'il avait tués, Iktomi se rendit dans une zone boisée et s'installa sous un grand arbre. Il ramassa du bois et fit un grand feu. Il flamba précautionneusement les canards, et quand le feu fut réduit en braise, il les fit rôtir en les disposant en cercle dans les cendres chaudes. Il s'assit alors sous le grand arbre pour se reposer en attendant.

Pendant qu'il attendait en se laissant caresser par le vent frais, il entendit, au-dessus de sa tête, de petits grincements produits par deux branches. Elles frottaient l'une contre l'autre à cause du vent. Iktomi dit: "Je veux que vous vous arrêtiez de crier et de vous battre. Vous êtes sœurs de la même mère."

Iktomi essayait de se reposer mais le grincement recommença. "Je vois que vous n'avez aucune pitié l'une pour l'autre. Je vais donc vous séparer."

Iktomi glissa ses deux mains entre les branches. Le vent souffla et poussa les deux branches contre ses mains. Il était prisonnier. Le vent s'était arrêté de souffler après cela aussi lui était-il impossible de se libérer. Iktomi dit, "Je suis prisonnier. J'ai des canards qui cuisent et j'ai faim. S'il vous plaît aidez-moi." Mais les deux branches sœurs ne pouvaient rien faire pour lui.

Un coyote vint à passer. Il ne savait pas que Iktomi était prisonnier dans l'arbre. Iktomi savait que le coyote était très rusé. Il lui dit, "Yakui, ne passe pas par là. Va-t-en, ne t'approche pas de moi." Yakui, le coyote, voulait savoir ce qui motivait Iktomi, alors il s'approcha. Il fit le tour du feu et vit les pattes des canards qui dépassaient des cendres.

Iktomi dit, "Je suis affamé. Ne mange pas mes canards." Yakui commença à sortir les canards du feu avec ses pattes comme s'il n'avait rien entendu.

Iktomi lui raconta qu'il avait plein d'ennuis et qu'il était affamé.

Iktomi regarda Yakui manger les canards et il le pria de lui en laisser au moins un. Yakui les mangea tous et ne laissa que les os. Puis il se tourna vers Iktomi et le remercia de lui avoir procuré un tel festin. Iktomi répondit: "Ne me remercie pas. Quand je serai délivré je me mettrai à ta poursuite jusqu'à ce que je te trouve, et je te tuerai!"

Yakui lui dit en s'en allant. "Je n'avais jamais rien mangé d'aussi bon avant que tu m'invites."

Comme il s'éloignait, le vent se remit à souffler, les branches s'écartèrent et Iktomi fut libéré. Il se précipita vers le feu pour voir s'il ne restait rien: Il n'y avait plus que des os.

Iktomi enrageait et disait qu'il allait tuer ce coyote. Il était tellement en colère qu'il dit aux branches: "Allez, continuez de grincer et de vous battre tant que vous voudrez... ça m'est bien égal."

Iktomi partit à la poursuite du coyote.

Après avoir marché longtemps, il le rattrapa.

A ce moment là, Yakui s'étant senti fatigué d'avoir trop mangé s'était arrêté pour faire une sieste. Iktomi tomba sur Yakui endormi et murmura, en colère, "Je ne sais pas ce que je vais faire de toi!"

A cet instant, Yakui se réveilla et fit tomber Iktomi sur le dos d'un grand coup de ses pattes arrières.

Pendant qu'il s'enfuyait, Yakui dit à Iktomi; "Pense à me prévenir quand tu auras des canards à manger!"

Iktomi enfant et Wasiya (Bonhomme Hiver)

 

 

Un jour, alors qu'Iktomi était petit garçon, il marcha dans le lit de la rivière pendant des milles et des milles. Au loin il vit de la fumée et il se dirigea dans sa direction.

A l'entrée du village, il y avait un petit garçon. Il se balançait sur des lianes et demanda à Iktomi s'il voulait jouer avec lui.

Ils jouèrent ensemble toute la journée.

Quand le soleil commença à décliner, le petit garçon invita Iktomi à partager son repas dans son tipi. Iktomi accepta, et ils se mirent en route pour le tipi.

Pendant le trajet, le petit garçon expliqua qu'il vivait avec sa grand-mère parce que ses parents étaient morts. Quand ils arrivèrent au camp, le petit garçon entra dans le tipi et demanda à sa grand-mère si elle voulait bien que Iktomi reste à manger.

La grand-mère dit "oui" et invita Iktomi à entrer.

Iktomi resta parmi eux pendant de nombreux jours.

Un jour, alors qu'ils rentraient de leurs jeux pour le repas, la grand-mère était en train d'expliquer ce qui arrive quand on va à la chasse:

"Quand les chasseurs sortent, mon petit-fils et moi, nous les suivons. Quand les chasseurs ont abattu plusieurs bêtes, ils nous en donnent une partie et nous les dépeçons."

Il y a un homme appelé Iya (mangeur à grande bouche, dalle en pente, trou sans fond...) qui rôde autour de tous les groupes qui dépècent le gibier. Iya porte un gros sac tout gras et récupère les raclures et la graisse. Si quelqu'un ne veut pas lui donner le gras, il le tue."

Nous avons peur de lui. C'est pourquoi nous ne rapportons que de la viande sans gras. C'est la raison pour laquelle la soupe que je sers n'a pas le parfum du gras."

Quelques jours plus tard, la grand-mère prévint le garçon que les chasseurs allaient partir à la chasse. Elle leur dit qu'elle aurait besoin d'eux deux pour ramener la viande.

"Depuis que tu es là," dit-elle à Iktomi, "je désire t'appeler Tacosha." Ce qui signifie "petit-fils."

Iktomi répondit, "Depuis que vous m'avez adopté comme votre tacosha, je désire vous débarrasser de Iya."

"Non, non, c'est Iya et il te tuera et te mangera!"

Iktomi ne dit rien de plus, mais cette nuit là, il prit un bâton et le durcit à la flamme.

Ils partirent tôt le lendemain matin, et quand les chasseurs eurent tué le gibier, on le dépeça.

La grand-mère prit tout le gras et en fit un tas à côté d'elle.

Iktomi lui dit qu'il ne fallait pas faire comme ça parce qu'ils allaient le ramener chez eux.

Grand-mère dit, "Attends de voir Iya... alors tu auras peur!"

Iktomi lui montra son bâton. Il lui expliqua que c'était un bâton sacré et qu'il tuerait Iya avec.

Soudain Iya s'approcha d'eux. Iktomi dit, "Je vais lui parler, puis je le tuerai."

Mais grand-mère dit, "non, non, sinon nous serons tous tués."

Iktomi lui dit de ne pas s'inquiéter parce qu'il était un jeune Saint Homme.

Iya arriva et commença à remplir son sac avec le gras.

Iktomi lui demanda de s'en aller. Il lui dit qu'ils allaient prendre la graisse parce qu'ils en avaient besoin pour faire leur soupe.

Iya regarda le garçon et lui dit, "Comment vas-tu m'en empêcher? Je te tuerai si tu essayes."

Iktomi répliqua, "Si tu prends ce gras, je te tuerai."

Iya sortit un couteau, mais Iktomi se rua sur lui et lui donna un coup terrifiant sur la tête avec son bâton. Iya fut tué sur le coup.

Iya était mort, et grand-mère était contente.

Iktomi l'envoya prévenir tout le monde que chacun pouvait venir récupérer sa graisse. Ils partagèrent la viande et firent une grande fête où il y avait plein de gras à manger.

Quand ils furent de retour chez eux, ils firent un grand conseil et invitèrent Iktomi pour qu'il y assiste et raconte comment il avait tué Iya.

Ils racontèrent à Iktomi que Iya accomplissait son forfait depuis longtemps et qu'il avait beaucoup d'enfants qui vivaient en amont de la rivière, aussi craignaient-ils que d'autres Iya grandissent et recommencent.

Iktomi demanda aux membres du conseil de faire chacun un grand chaudron de soupe qu'ils porteraient le lendemain matin là où avait vécu Iya.

Le lendemain matin, chacun emmena un chaudron de soupe en amont de la rivière, là où avait vécu Iya.

Il y avait des enfants qui vivaient au fond d'une grotte.

Iktomi demanda aux villageois de vider leur soupe dans la caverne pour tuer les jeunes de Iya.

Iktomi dit que le lendemain, un signe se manifesterait ici.

Le lendemain ils vinrent tous pour voir le signe.

Tout était blanc. Tout était couvert de givre.

Là commençait le domaine de Waziya, Le bonhomme hiver des pays du nord.

 

 

 

La légende du corbeau blanc.

 

Un soir, dans le village d'Iktomi, autour d'un bon feu, Iktomi racontait à son petit-fils l'histoire de corbeau blanc.

Autrefois, il y avait de nombreuses lunes, tous les corbeaux étaient blancs.

Ces corbeaux blancs suivaient les grands troupeaux de bisons qui parcouraient les grandes plaines.

Les corbeaux et les bisons étaient amis.

Quand les chasseurs étaient encore loin des troupeaux de bisons, les corbeaux les repéraient, revenaient vers le troupeau et se posaient sur le dos des bisons en croassant un signal que ceux-ci comprenaient. Les bisons savaient alors que les chasseurs approchaient et ils pouvaient fuir.

Les chasseurs remarquèrent qu'un grand corbeau blanc était leur chef, et que c'était lui qui prévenait les bisons.

Alors les chasseurs se réunirent en conseil et déclarèrent la guerre aux corbeaux blancs.

Pour pouvoir capturer le grand corbeau blanc, les chasseurs décidèrent d'habiller l'un d'eux d'une peau de bison encore munie de sa tête et de ses cornes.

On dit au chasseur de s'introduire dans le troupeau et, quand le corbeau blanc viendrait dans le troupeau, de le capturer.

Le chasseur s'introduisit donc dans le troupeau.

Les autres chasseurs encerclèrent le troupeau, et tous les bisons s'enfuirent sauf le chasseur déguisé en bison. Le grand corbeau blanc vola au-dessus du chasseur déguisé en battant des ailes pour lui faire comprendre de s'enfuir. Comme il ne bougeait pas, le corbeau blanc se posa sur son dos. Le chasseur sortit alors de sous la peau du bison et captura le corbeau.

 

 

 

Iktomi et le gros rocher

 

 

 

La famine régnait sur la tribu.

Iktomi était malheureux parce que les hommes, les femmes et les enfants de la tribu avaient faim.

Un jour, il se dit qu'il fallait qu'il parte chasser. Il décida de ne revenir que lorsqu'il aurait trouvé du gibier.

Il dit à tous qu'il leur ramènerait de la nourriture. Il leur dit qu'à son retour, ils auraient tous quelque chose à manger.

Iktomi partit au petit matin en emportant son arc, quelques flèches et un petit casse-croûte.

Il chassa longtemps dans tous les coins du pays sans jamais voir de gibier. Enfin, fatigué de marcher et de chasser en vain, il se décida à rejoindre les siens. Sur le chemin du retour il songea au vœu qu'il avait fait de ramener de la nourriture à son peuple, et la tristesse l'envahit.

Alors qu'il marchait, il vit quelque chose de grand et de rond dans le lointain.

En se rapprochant, il vit que c'était un gros rocher. Iktomi se dit que c'était bien étrange qu'un rocher de plus de deux mètres puisse se trouver comme ça au beau milieu de la prairie.

Quand il arriva au pied du rocher, il lui dit: "Qu'est-ce que tu fais là tout seul? Je suppose que si tu es là, ce n'est pas par hasard aussi je te demanderai de me venir en aide. Chez moi on souffre de la famine. Je suis parti chasser depuis longtemps mais je n'ai trouvé aucun gibier. Je rentre chez moi les mains vides. Je sais que tu es là et que tu m'entendras. J'ai une belle peau de bison pour m'abriter. Mon ami, j'ai besoin de ton aide. Je t'offre ma peau de bison."

Iktomi prit la peau de bison et en recouvrit le rocher. "Maintenant, prend pitié de moi," dit Iktomi au rocher. "Aide-moi à trouver du gibier que je puisse ramener à mon peuple."

Il reprit son arc et ses flèches et partit.

En chemin, il arriva près d'un ruisseau. Il y vit un cerf qui broutait.

Iktomi s'approcha sans bruit et tua le cerf d'une flèche. Ensuite il le dépeça pour pouvoir l'emporter chez lui.

Quand il eut terminé, un vent froid se leva. Le vent était vraiment glacial. Iktomi pensa à la longue route qu'il avait à faire et au froid qu'il allait devoir endurer.

Il décida qu'il ferait mieux de retourner sur ses pas et de récupérer sa couverture en peau de bison. Iktomi posa le cerf et retourna au rocher. Il dit: "Aie pitié de moi. Tu m'as aidé parce que je t'ai donné ma couverture. Je suis transi. Toi, tu es un rocher et le temps n'a pas de prise sur toi, alors je vais reprendre ma couverture parce que moi, j'en ai besoin."

Il mit la peau de bison sur ses épaules et retourna à l'endroit où il avait laissé la viande du cerf. Quand il arriva au bord du ruisseau, il n'y avait plus rien. La viande avait disparu.

"Le rocher m'a puni, " se dit Iktomi. "Je lui ai donné ma couverture et je l'ai reprise."

Il se remit en route vers sa tribu, sans nourriture. Il rentra les mains vides alors que son peuple avait faim et l'attendait. Il essaya d'expliquer ce qui s'était passé. Finalement il se prit la tête dans les mains et tout en pleurant et grinçant des dents, il dit, "moi et ma grande gueule... Je ne pourrais jamais plus regarder ce rocher en face."

 

 

Iktomi change encore d'avis

 

 

Iktomi était parti chasser depuis plusieurs jours sans rien trouver. Il traversa un pont et tomba nez à nez avec Yakui, le coyote.

Celui-ci mangeait la vieille carcasse d'un gros élan dont il ne restait plus que les os.

Iktomi dit, "Yakui, j'aimerais être à ta place. Tu cours vite et tu peux attraper n'importe quel animal. Tu peux tuer rapidement tout ce que tu veux. Tu peux tout manger. Que puis-je faire, Yakui? Je voudrais devenir l'un des tiens."

"Voilà ce que tu dois faire," dit Yakui. "Nous marcherons ensemble. Quand je verrai un animal, je dirai; va tuer cet animal."

Yakui dit à Iktomi qu'il le pousserait du coude pour qu'il sache qu'il pouvait poursuivre le gibier avec lui.

Ils marchèrent peu de temps avant de rencontrer un cerf. Yakui dit à Iktomi de tuer le cerf. Il lui dit de s'accrocher au museau et de tirer dessus jusqu'à ce qu'il s'arrache. "Le cerf sera vite saigné à blanc."

Iktomi se mit à courir et, sur la piste du cerf, il se transforma en coyote. Mais il joua de malchance. Le cerf était trop rapide et réussit à s'enfuir.

Iktomi erra un long moment à la recherche de nourriture. Il tomba nez à nez avec un bison qui paissait et s'assit devant lui. Plus il regardait le bison et plus sa faim grandissait.

Il se sentit très las.

Il parla au bison, "tu n'as pas besoin de chasser pour te nourrir; tu manges ce qui est devant toi. Je dois chasser encore et encore, et je ne trouve rien. Bison, aie pitié de moi. Je veux devenir l'un des tiens et ainsi je pourrai me nourrir comme toi."

Le bison dit, "C'est vrai. Je mange bien. Mais ma vie est dangereuse. Les gens me cherchent pour me tuer et me manger. Peut-être bien que cette sorte de vie ne te conviendrait pas." Iktomi lui dit qu'il n'en était rien, que peu lui importait le danger s'il pouvait manger à sa faim.

Le bison lui répondit," d'accord. Fais ce que je te dis. Si tu fais ce que je te dis, Coyote, tu deviendras l'un des nôtres." Iktomi acquiesça.

Il ferait ce qu'il voudrait.

Le bison s'éloigna et commença à mugir et à frapper le sol de ses sabots.

Puis il chargea.

Toute la terre tremblait.

Iktomi était si effrayé qu'il fit un bond de côté.

Il supplia de nouveau, et le bison voulut bien recommencer encore une fois.

Le bison refit la même chose et quand la terre commença de trembler, toutes les promesses de courage d'Iktomi s'envolèrent et il se jeta sur le côté.

Iktomi supplia encore pour obtenir une dernière chance. Le bison lui dit que ce serait la dernière.

Alors il s'éloigna et commença à mugir et à gratter le sol de ses sabots. Puis il chargea. La terre tremblait et Iktomi aussi. Il ferma les yeux et resta immobile. Il fut bousculé et jeté dans les airs. Quand il retomba, il était devenu Iktomi le bison.

Le bison se mit alors à lui parler, mas Iktomi n'était pas intéressé... Il voulait manger. Le bison lui dit d'avancer et de manger, et que lorsqu'il serait rassasié, il lui parlerait.

Quand Iktomi eut terminé, le bison lui recommanda d'être toujours prudent, de toujours regarder autour de lui. "Tu dois voir un buisson sur une montagne. Regarde-le souvent parce qu'il pourrait bien être un homme qui t'épie. Les hommes ont de bons chevaux. Ils t'attraperaient et te tueraient, te dépèceraient et te mangeraient. Quand une bande de chasseurs et de guerriers nous poursuit, ne court pas trop vite. Prends ton temps. Plus ils s'approchent et plus nous accélérons. Il peuvent nous poursuivre toute une journée."

Et bien sûr, par une belle journée ensoleillée, une bande de chasseurs les repéra. Ils sortirent de leur cachette et les poursuivirent, alors les bisons commencèrent à courir. Iktomi ne suivit pas ses compagnons les bisons. Il partit dans une course effrénée. Les autres lui crièrent de les attendre, mais il ne les écouta pas.

Très vite, Iktomi se sentit fatigué, et les autres bisons commencèrent à le dépasser. Il était fatigué et les guerriers le rattrapèrent.

Les guerriers étaient intelligents. Ils remarquèrent qu'il n'était pas un vrai bison. Quelqu'un fit remarquer que Iktomi était parti depuis longtemps... C'était probablement lui.

Iktomi vit des bisons tomber, alors il dit aux guerriers, "s'il vous plaît, ne me tuez pas." Les guerriers lui firent une petite blessure. Ils s'approchèrent de lui et lui demandèrent s'il était Iktomi.

La honte inscrite sur son visage laineux, il dit "oui".

Il avoua qu'il voulait redevenir un homme. Les guerriers lui dirent qu'ils devaient prendre sa crinière broussailleuse. Il perdrait son pouvoir et il deviendrait un petit homme.

Iktomi acquiesça. Il venait de recevoir une sévère leçon.

 

 

Textes traduits de l'Américain par Manuel Van Thienen.