La tortue

Jo Bruchac

 

 

“Old Man, viens.  J'ai besoin de toi! »

La voix cassée de la vieille femme porta jusqu'au bûcher situé près du champ envahi de mauvaises herbes.  Autrefois, les deux acres  étaient plantés de maïs et de haricots.  Maintenant, les moutardes agitent leurs fleurs dans le vent et les carottes sauvages surgissent au-dessus des orties et des fleurs bleues des chardons.  Une chèvre aimerait bien manger ces chardons.  Pensa Homer La Ware.  Dommage que je sois trop vieux pour avoir une chèvre.

Il posa le manche de la cognée qu'il était en train de tailler, jeta un coup d'oeil rapide à la vieille canne à pêche en bambou accrochée au-dessus de la porte et se leva.

« J 'arrive » jeta-t-il.  A petits pas prudents il traversa les cinquante mètres qui séparaient la remise de la maison toute simple à la fenêtre décorée et aux escaliers peints en doré.  Il écarta
le rideau de perles de la porte et enjamba les assiettes emplies de nourriture pour chiens. 
Toujours devant la porte, pensa-t-il.

« T'es où? » demanda-t-il du hall.

« Là, je suis dans la salle de bain.  Je ne peux plus me lever. » Il traversa la cuisine encombrée aussi vite qu'il le pouvait.  La vaisselle du petit déjeuner était toujours sur la table.  Il poussa la porte de la salle de bain.  Mollie était assise sur la cuvette des toilettes.

« Amalia Wind, qu'est-ce qui ne va pas? » dit-il. « Mes jambes semblent bloquées, Homer.  S'il te plaît aide-moi simplement à me lever.  J'ai entendu les chiens japper pour m'aider, derrière la porte.  Les pauvres chéris ne pouvaient même pas venir jusqu'à moi.  Aide-moi juste à me lever »

Il glissa les mains sous ses aisselles et la souleva doucement.  Il vit que la pression de ses doigts sur la peau ridée des bras laissait des traces.  Elle avait toujours été comme ça.  Elle s'était toujours blessée facilement.  Mais ça ne l'avait jamais empêchée de venir à lui,... et de le choisir, il y a tant d'années déjà.  Ca ne l'avait jamais empêchée de jeter dehors Jake Wind et d'emmener Homer La Ware dans sa ferme pour être domestique.

Elle chancela quelques secondes sur ses jambes puis il sembla que tout allait bien.  Il la lâcha.

« Je comprends pas comment ça m'est arrivé, Homer.  Je ne suis pas si vieille que ça, hein, Old Man ? » « Non, Amalia.  Ca ne doit être qu'une crampe.  Rien de plus. »

Ils étaient toujours dans la salle de bain.  Sa grande robe grise était retombée sur ses jambes mais sa culotte était toujours à ses pieds.  Il était gêné.  Même après tant d'années, il était encore gêné.

« Old Man, sors et va faire ce que tu as à faire.  Une femme doit garder son intimité.  Va maintenant. »

« Tu es sûre? »

« Sûre? Mon Dieu! si je n'étais pas sûre tu crois que j'aurais eu des relations avec un homme comme toi? » Elle lui bourra les côtes d'un coup de coude. « Tu sais ce que tu devrais faire, Old Man? Tu devrais aller sur l'étang pour pêcher comme tu l'avais prévu. »

Il ne voulait pas la laisser seule, mais il ne voulait pas non plus le lui dire.  Et il avait en lui quelque chose qui l'attirait vers cet étang, l'étang où, d'après Jack Crandall, on a pris des perches soleils ces derniers jours.  Jack lui avait dit cela quand il avait apporté sa cognée pour qu'il lui fasse un nouveau manche.

« J'ai encore la cognée de Jack à emmancher, Amalia. »

« Et depuis quand te faut-il plus d'une minute pour emmancher quelque chose, Old Man? » dit-elle avec un éclair de malice dans les yeux.  Pendant quelques secondes elle se vit dans les yeux du vieil homme, avec cinquante ans de moins.

Il hocha la tête.

« Mademoiselle Wind, je crois que ces femmes avaient raison quand elles disaient que tu irais en enfer. » Espiègle, elle fit un geste coquin avec ses mains et il tourna les talons. « Bon, j'y vais. »

Il lui fallut encore une heure pour terminer de tailler le manche à la bonne dimension.  Il allait dans le fer comme une main dans un gant.

Ses mains tremblaient quand il commença à caler le fer qu'il voulait ajuster serré, mais il ne fallu que trois coups de maillet pour le mettre en place.  Il regarda ses mains, se souvenant de tout ce qu'elles avaient fait.  Tenir les rênes du dernier cheval qu'ils eurent à la ferme, il y a vingt ans.  Ou peut-être trente? Enlever la chemise du corps blanc de Mollie, la première nuit.  Balancer des coups de poings au visage de Jake Wind, la nuit où il revint, soûl et tenant un calibre 45 à la main.  Il était tombé raide et Homer avait vidé le chargeur et cassé le canon à coups de marteau sur l'enclume.  Bien que Jake ait parlé de loi cette nuit-là, ni la loi, ni Jake ne revinrent à la ferme Wind.  Elle avait toujours appartenu à Amalia.  Son père l'avait achetée et Jack était marié avec elle pour la ferme.  Elle n'avait jamais voulu mettre la propriété au nom d'un homme, quel qu'il soit.  C'est ce qu'elle avait toujours dit.

« Je ne demande rien, Amalia », c'est ce qu'Homer lui avait dit après la première nuit qu'ils passèrent dans le lit de cuivre, juste après s'être rhabillé et alors qu'il se préparait pour aller passer le reste de la nuit sur son lit de camp, dans la remise.  Il dormait toujours là.  Tout le temps.  « Je ne demande aucune propriété, Amalia.  C'est l'Indien en moi qui ne veut être propriétaire d'aucune terre. »

C'était les paroles préférées d'Homer.  Chaque fois qu'il pensait différemment de ce que les autres attendaient de lui, il disait simplement « C'est l'Indien en moi ». Parfois il pensait à cela non pas comme à une part de lui-même, mais comme s'il s'agissait d'un autre homme, un homme avec un nom qu'il ne connaissait pas mais qu'il reconnaîtrait s'il l'entendait prononcer.

Son père aussi avait souvent dit cette phrase.  Il était venu du Québec et parlait français, et parfois, à sa première femme qui mourut quand Homer avait six ans, une autre langue qu'il n'avait plus entendue depuis.  Son père avait été un homme discret qui tressait des paniers avec les éclisses des frênes qui poussaient sur les terres de la ferme. « Mais il ne les portait jamais à la ville », disait Homer avec orgueil, « il restait à la ferme et laissait le soin aux gens de venir jusqu'à lui s'ils voulaient les acheter ».

La ferme revint au plus jeune frère qui la vendit pour partir vers l'Ouest.  Il avait eu deux autres enfants.  Ils n'eurent rien en héritage sauf Homer qui eut le meilleur cheval de son père.  En ce temps-là, Homer travaillait à la forge pour le forgeron Seneca.  Un travail de bûcheron: débiter des bûches et les faire glisser sur la neige.  Il fit cela jusqu'à l'âge de treize ans, quand Amalia le demanda pour travailler à la ferme.  Il y alla malgré les commérages.  Quand on lui demandait pourquoi il se laissait mener ainsi par le bout du nez par une femme, il répondait de la même voix calme que celle de son père: « c'est l'Indien en moi.

L'étang était lisse comme un miroir.  Homer se tenait près du bateau.  Jack Randall lui en avait donné la clé.  Il regarda dans l'eau.  Il vit son visage, la peau tannée et brune comme une vieille carte sur parchemin.  Sa peau distendue pendait sous le menton, comme les barbillons d'un coq.

« Merde alors, t'es pas mal du tout, Homer La Ware », se dit-il. « Facile de voir ce qui peut plaire à une femme ». Il repensa à Mollie assise dans le fauteuil et regardant au dehors par la fenêtre décorée.  Quand il était sorti, il l'entendit appeler les petits chiens qu'elle aimait tant.  Ces chiens sont les seuls qui lui rendent l'amour qu'elle donne, pensa-t-il, c'est pas comme sa méchante fille.  La dernière fois qu'elle est venue c'était pour Noël 68 pour lui offrir ce châle vert pisseux et essayer une fois de plus de me foutre dehors.

Homer monta dans le bateau.  Des rides montées de l'étang balayèrent son visage.  Il posa sa canne et sa boîte de vers devant lui et glissa les avirons dans les dames-de-nage, l'un après l'autre, en haletant.  Il releva l'ancre et regarda dans l'eau par-dessus bord.  Au milieu de l'étang, l'ombre d'une branche brune se détachait à la surface.  Ca ressemble à une branche, mais si ça bouge... La branche bougea... glissa à quelques dizaines de centimètres sous la surface de l'eau, puis disparut.  Il scruta l'eau jusqu'à ce que l'ombre réapparaisse une trentaine de mètres plus loin.  C'était une tortue, une tortue alligator* .  Sûrement une grosse.

« Je t'ai vue, Tortue », dit Homer. « Peut-être qu'on va apprendre à mieux se connaître.

Il chercha dans sa poche et toucha son couteau à manche d'os.  Il écarta le mouchoir rouge qui le maintenait profondément enfoui dans la poche, bien en sécurité.  Puis il se mit à ramer.  Il s'arrêta au milieu de l'étang et commença à pêcher.  En quelques minutes il sortit du poisson.  Des perches au ventre jaune avec des yeux noirs protubérants.  La plupart mesuraient trente centimètres.  Il s'arrêta lorsqu'il en eut attrapé une douzaine et décida de les vider, en laissant la ligne appâtée traîner dans l'eau.  Il sortit son couteau à manche d'os et l'ouvrit.  La lame était étroite comme un manche de cuillère, usée par trente ans d'aiguisage.  Elle était affûtée comme un rasoir.  Homer avait toujours un couteau aiguisé sur lui.  Il pratiqua une incision de l'orifice ventral du poisson vers ses ouïes et jeta les viscères à l'eau, en se penchant sur le plat-bord du bateau comme à son habitude.  Il parlait en vidant les poissons.

« Vieux couteau, tu coupes bien, tu sais », disait-il.  Il avait pratiquement achevé de nettoyer les poissons, sans souffler une seconde.  Toujours aussi vite que lorsqu'il était enfant.  Il y a des choses qui ne s'oublient pas...

Le balancement de sa canne le tira de ses pensées.  Elle glissait par-dessus bord.  IL jeta le couteau sur le banc et aggrippa la canne au moment où elle tombait à l'eau.  Il tira et elle plia deux fois plus.  Il n'y a pas un seul poisson qui tire comme ça.  C'était la tortue.

Il commença à ramener la ligne, lentement et fermement pour qu'elle ne casse pas.  Bientôt il la vit, hochant la tête, surgissant des profondeurs vertes de l'étang où elle s'était goinfrée des viscères des perches et avait mordu à l'hameçon.

« Viens par là, Tortue, et parle moi ». Dit Homer.

La tortue ouvrit la gueule comme pour dire quelque chose et l'hameçon se décrocha.  La canne se détendit dans les mains d'Homer.  Les mâchoires étaient trop dures pour que l'hameçon s'y accroche.  Mais la tortue restait là, entre deux eaux.  Elle était grosse, au mois douze kilos.  Elle cherchait encore à manger.  Homer remit fébrilement un vers à l'hameçon et le jeta devant la gueule de la tortue.

« Tiens, Tortue, prends donc aussi celui-là ».

Il put voir la peau plissée sous sa gorge alors qu'elle tournait la tête.  Une sangsue était accrochée sur sa nuque, une autre sur la patte droite.  C'était une vieille tortue.  Sa peau était rugueuse, sa carapace couverte d'algues vertes.  Elle crocha dans l'hameçon en tournant la tête.  Comme Homer tirait pour ferrer, elle se projeta en avant avec ses nageoires et s'agrippa à la ligne comme un homme à une corde.  Son bec était aussi long qu'une dent d'ours.

Homer tira.  La tortue prit l'hameçon dans la gueule et apparut à la surface de l'eau.  Elle était forte et le vieil homme se demandait s'il arriverait à la sortir de l'eau.  Voulait-il vraiment manger de la tortue? Quoiqu'il en soit, il ne coupa pas la ligne.  La gueule était assez grande pour couper un doigt, mais il continua à ramener la ligne.  La tortue était tout contre le bateau, retenue seulement par la tension sur la ligne et l'hameçon.  Un simple relâchement et elle s'en irait.  Homer glissa la canne sous sa jambe et attrapa la ligne du mouillage avec sa main libérée, avec l'autre main, il entreprit de faire un noeud coulant tandis que la tortue agitait sa tête, secouant la petite barque dans sa lutte.

Maintenant il pouvait sentir l'odeur musquée de la tortue qui envahissait tout.  Ce n'était ni une bonne ni une mauvaise odeur.  C'était seulement l'odeur de la tortue.

Il avait fini le noeud coulant.  IL le suspendit par dessus bord.  C'était maintenant que la partie se compliquait, partie facile pour lui lorsque ses bras étaient jeunes et que sa poitrine n'était pas enfoncée comme une vieille boîte.  Il se pencha rapidement et saisit la queue, la tirant si fort que la tortue sortit à  moitié de l'eau.  Le bateau prit de la gîte mais Homer rétablit l'équilibre.  La tortue balança la tête, la gueule ouverte, suffisamment large pour avaler une balle de base-ball.  Elle sifflait comme un serpent, prête à s'accrocher à  tout ce qui serait à sa portée.  De l'autre main, haletant, sentant la queue rugueuse de la tortue écorcher la peau de sa main tandis qu'elle glissait; de l'autre main, Homer passa le noeud coulant autour de cou de la tortue.  Le noeud se serra uniquement avec le poids de la bête.  Les mâchoires de la tortue, dans un claquement sec, crochèrent dans la manche de Homer.

« Tortue je crois que je te tiens et toi aussi tu me tiens », dit Homer.  Il tourna la corde autour de sa jambe gauche avec sa main libre.  Il tira en arrière aussi fort qu'il put pour libérer sa manche mais la tortue ne lâchait pas prise.

« Je te comprends, Tortue », dit-il,  « tu ne veux pas lâcher ». Il reprit son souffle, ferma les yeux un moment.  Puis il prit son couteau dans la main gauche.  Il se pencha par dessus bord et le glissa dans le cou de la tortue.  Un fluide sombre bouillonna et s'écoula dans l'eau.  Un sifflement sortit d'entre les mâchoires serrées, mais la tortue resta accrochée à la manche du vieil homme.  Le sang coula longtemps mais la tortue ne lâcha pas prise.  Finalement il reprit son couteau et coupa le bout de sa manche qui resta dans la gueule de la tortue.

Il s'assit bien droit pour la première fois depuis qu'il avait ferré la tortue et regarda autour de lui.  Le soir tombait.  Il ne voyait presque plus la berge.  Il avait chassé la tortue plus longtemps qu'il ne le pensait.

Le temps qu'il rejoigne la rive et qu'il accoste, les bruits de la tortue cognant contre le bordé s'étaient arrêtés.  Il n'aurait pas pu dire si le sang coulait toujours de la gorge ouverte car la nuit avait donné à l'eau la même couleur de sang.  Il ne retrouvait pas les poissons au fond du bateau.  Ca n'avait pas d'importance.  Les ratons-laveurs pourraient les prendre.  Il avait son couteau, sa canne et la tortue.  Il la hissa jusqu'à sa camionnette Ford.  Elle était trop lourde pour qu'il la porte.

Quand il arriva chez lui,il vit des voitures garées dans l'allée.  Il devait se garer à côté de sa remise, près des petits tertres surmontés de planchettes sur lesquels étaient écrits des noms proprement.  Il pouvait entendre des voix tandis qu'il marchait dans l'obscurité.

« Voilà enfin ce vieux fou », entendit-il.  La voix grinçait comme une vieille porte.  C'était celle de la fille d'Amalia.

Il poussa la porte et entra. « Où est Amalia? » demanda-t-il.  Quelqu'un cria.  La pièce était emplie de visages, tous tournés vers lui.

« Vieux bâtard, on dirait qu't'as scalpé quelqu'un », marmonna un homme au visage grêlé et aux cheveux gris coupés en brosse.

Homer se regarda.  Ses bras et ses mains étaient couverts du sang de la tortue, sa manche droite en lambeaux presque jusqu'à l'épaule.  Ses pantalons étaient maculés de boue, la braguette à moitié ouverte.  « Où est Amalia? » insista-t-il.

« Où diable étais-tu passé vieux dégoûtant ? » dit la fille de sa voix râpeuse.  Il se tourna pour planter son regard sur son visage flasque.  Elle était assise dans le fauteuil d'Amalia.

« J'pêchais ».

La fille se leva et marcha vers lui.  Elle ressemblait à son père.  Jake Wind était gravé dans chacun de ses traits, sculpté dans ses os.

Tu veux savoir où est ma mère, hein? Où est parti ton vieil amour? Et bien je vais t'le dire.  Elle a été envoyée dans une maison où on prendra soin d'elle, même si elle est à moitié timbrée.  J'suis rentrée et j'l'ai trouvée assise à parler avec ses morts depuis des années, les assiettes pleines de nourriture pour les fantômes.  P'têt ben qu't'en a mangé quelques uns parce que t'as plus d'ticket d'repas, vieux bâtard.  Cet homme est médecin et il a constaté que ma chère mère souffrait d'incapacité mentale.  L'ambulance l'a emmenée y'a une demi-heure».

Elle continuait à parler, lui disant des choses qu'elle avait sur le coeur depuis des années.  Homer La Ware ne l'écoutait pas.  Ses yeux notaient les détails de la pièce qu'il avait traversée chaque jour depuis quarante années, les meubles qu'il avait réparés quand ils étaient cassés, la fenêtre décorée qu'il avait installée, les escaliers qu'il avait peints, la vaisselle propre et bien rangée dans laquelle il avait mangé trois fois par jours pendant presque un demi-siècle.  La fille parlait, parlait comme si elle déclamait une scène qu'elle aurait répétée plusieurs années.  Mais il n'écoutait pas.  Elle montait le ton.  Elle criait maintenant.  Homer l'entendait à peine.  Il ferma les yeux, se rappelant comment la tortue avait tenu sa manche même après qu'il lui eut ouvert la gorge et que sa vie se répandait dans l'étang.

Les cris cessèrent.  Il ouvrit les yeux et vit que l'homme aux cheveux gris coupés en brosse retenait le bras de la fille.  Elle avait un plat dans les mains.  Peut-être était-elle sur le point de le lui jeter à la figure.  C'était sans importance.  Il la regarda.  Il regarda les autres debout dans la pièce.  Ils semblaient attendre qu'il parle.

« J'ai une tortue à vider », dit-il, sachant qu'il parlait pour lui-même.  Puis il tourna les talons et partit dans la nuit.

 

Traduit de l'anglais par Manuel Van Thienen.

 

*Tortue Alligator: la tortue alligator du Mississippi est parmi les plus féroces chasseuses à l'affût. Elle se tapit dans la vase épaisse des marécages, sa grosse tête rugueuse et sa carapace pleine d'aspérités bien camouflées par les plantes aquatiques. Elle ouvre grand sa gueule qui laisse apparaître un petit bouton rouge clair fixé à son palais. Les poissons affluent sans méfiance, attirés par cet appendice qu'ils prennent pour un ver de terre. Elle referme alors sa puissante mâchoire et engloutit sa proie. (La Tortue. Suzanne Doppelt.Ed. Nathan. 1990)