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Iisawniqw A'aat

Aliksa'i. Pay yaw ismo'walpe yeesiwa. Noq pep yaw iisaw kiy'ta. Pam yaw pep kiy'takyangw piw yaw timuy'ta. Pu' pam pi timuy'taqe yaw pam oovi sutsep pumuy amungem maquumngwu. Putsa yaw pam api, maqunmniqey...

 

Coyote et les Geais Bleus

 

Aliksa'i.

On dit qu'elle vivait à Ismo'wala. Coyote y avait élu domicile. Ses enfants aussi vivaient là. Coyote est un être qui n'arrête pas de mettre de nouveaux enfants au monde. Et par conséquent elle est toujours partie à la chasse. La seule chose qu'elle fasse bien : Chasser.

Un jour, Coyote était à la chasse (une fois de plus) pour nourrir ses enfants. Elle cherchait mais elle ne trouvait tout simplement rien. La chance l'avait quittée. Et elle était déjà sur le chemin du retour quand elle tomba sur des oiseaux. Ils étaient occupés. D'abord elle se dit qu'ils allaient sûrement s'envoler. Alors elle se dirigea vers eux. "Pourvu que je puisse les atteindre," pensa-t-elle. Elle ne les avait pas encore atteint que les uns après les autres, les oiseaux prirent leur essor. En s'approchant plus près, Coyote découvrit que c'était des Geais Bleus. Je ne sais pas ce qu'ils faisait exactement. Ils s'envolaient dans le ciel, y restaient un moment, puis ils redescendaient sur le sol. Aussi leur trottait-elle après.

Comme elle réussissait encore à gagner du terrain, elle remarqua qu'un seul oiseau s'envolait d'abord. Quand il était en l'air, il semblait qu'il lâchait quelque chose. Puis toute la troupe s'envolait vers cet objet et le rattrapait. A l'évidence, il s'agissait d'un jeu des Geais Bleus. Coyote n'avait aucune idée de ce que ce pouvait être. Elle se dirigea alors droit sur les oiseaux, et à sa grande surprise, ils ne montrèrent aucune signe de frayeur et ne s'envolèrent pas. Mieux encore, un des Geais s'adressa à elle et lui dit en guise de salut, "On se promène, étranger?"

"Oui," répondit Coyote, "Mais que faites-vous donc?" demanda-t-elle. "Je vous observe depuis un moment, et il me semble que vous vous amusez beaucoup? Vous m'avez l'air d'une bande de joyeux drilles."

"Oui, c'est sûr, nous jouons ensemble et on s'amuse bien."

"Tant que ça?"

"Oui," dit Geai Bleu

"Mais dites-moi, de quel jeu s'agit-il?"

"Et bien, l'un d'entre nous s'enlève un oeil. Puis quelqu'un l'emmène dans les airs. Là, il le lâche. Les autres l'emporte dans les airs et cherche son oeil. Et il l'attrape et le remet dans son orbite."

"C'est ça que vous faites!" s'exclama Coyote.

"Oui," répondit l'un des Geais Bleus.

Coyote avait hâte de faire de même et il supplia, "pensez-vous que je pourrais jouer une fois?"

"C'est vraiment à toi de voir. Si tu le veux vraiment, peut-être que tu peux le faire aussi."

"Eh bien, vous semblez tellement vous amuser que j'aimerai bien faire comme vous. C'est ce que je voudrais si c'est possible."

"Je pense que c'est possible," dit le Geai Bleu. "Nous n'avons pas d'objection à ce que tu te joignes à nous."

"Très bien. Vous semblez si joyeux que j'aimerai vraiment essayer," dit Madame Coyote.

Les Geais acquiescèrent et exaucèrent son voeu. Comme toujours, Coyote voulait surpasser les autres. Aussi, elle s'enleva les deux yeux et les tendit aux oiseaux. "Très bien , maintenant ces deux là vont porter tes yeux dans le ciel et les laisser retomber. Les autres vont te porter dans l'air pour que tu les rattrapes," expliqua l'un des Geais.

Deux oiseaux attrapèrent donc les yeux de Coyote et prirent leur envol. Quand ils furent suffisamment haut, ils les lâchèrent. Ceux qui étaient resté au sol attrapèrent Coyote et le firent monter dans les airs pour qu'il aille à la rencontre de ses yeux. Ils l'agrippaient par où ils pouvaient : certains le tenaient par la queue, d'autres par les oreilles ou par les pattes. D'autres encore s'accrochaient à son dos. Ils lui avaient laissé les bras libres pour qu'elle puisse rattraper ses yeux. Pendant qu'ils montaient avec elle, elle battait frénétiquement des mains. "Voilà tes yeux qui arrivent!" crièrent les oiseaux.

Ils criaient tous en même temps pour dire où étaient ses yeux. Elle battait l'air dans tous les sens à la recherche de ses yeux. Mais à cause du nombre d'oiseaux, elle ne savait pas lequel écouter. Tout ce qu'elle pouvait faire c'est de chercher à l'aveuglette. Voilà ce qu'elle était entrain de faire lorsque ses yeux passèrent devant elle et plongèrent vers le sol.

Les yeux de Coyote étaient perdus. Les Geais n'avaient pas emmené la pauvre créature au bon endroit. Ils la déposèrent à terre et elle se mit à chercher ses yeux. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient. A l'aveuglette la malheureuse allait de ci de là et trébuchait sans cesse. Mais elle ne retrouvait pas ses yeux. Sur ce, les oiseaux lui dirent, "Très bien, tu peux rester comme ça." Et sur ces mots ils s'en allèrent.

Seule et misérable, Coyote cherchait ses yeux. Il semblait bien qu'elle ne les retrouverait jamais. Elle ne savait pas quelle direction prendre pour rentrer chez elle. Elle ne savait pas par où aller. Pour finir, elle grimpa en haut d'un pin pignon. Elle commença à tâtonner sous elle, et ce faisant, elle trouva un peu de résine. Elle la mit dans ses orbites. Dans chacune de ses orbites, elle mit de la résine.

Quand elle l'eut fait, elle put de nouveau voir un peu et prendre la direction de sa maison où se trouvaient ses enfants. Je ne sais pas comment elle fit pour retrouver une partie de la vue avec cette résine. Mais, pour finir, elle eut de nouveau des yeux. Et parce qu'elle avait mit cette résine dans ses orbites, ils sont maintenant de couleur jaune. Comme vous le savez, il y a une sorte de Coyote aux yeux jaunes. Et si elle est ainsi maintenant, c'est parce qu'elle s'est confectionnée des yeux avec dela résine. Et l'histoire finit là.

 

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